Vive la retraite... par répartition !!!
WASHINGTON, 7 octobre 2008 (AFP) - Les fonds publics et privés de retraite aux Etats-Unis ont fondu de quelque 2.000 milliards de dollars ces 18 derniers mois révélant les effets dévastateurs de la crise financière sur l'épargne des salariés, selon un rapport du bureau du budget du Congrès (CBO) publié mardi.
"A la différence des responsables des sociétés de Wall Street, les ménages ne bénéficient pas de parachute doré", a déclaré le représentant démocrate George Miller (Californie), président de la commission de l'Education et du Travail de la Chambre lors d'une audition devant laquelle ce rapport a été présenté.
"Il est clair que la sécurité des retraites des Américains risque de faire les frais de cette crise financière", a-t-il ajouté, dans un communiqué.
Selon le directeur du CBO, Peter Orszag, "la réduction de la valeur globale des portefeuilles d'investissement des fonds de retraite pourrait conduire les Américains à réduire ou retarder des achats de biens et de services" ralentissant encore davantage l'activité économique.
Au total, la valeur de ces fonds a diminué de 20% depuis mi-2007, qui correspond au début de la crise des "subprimes" dans l'immobilier, ces prêts hypothécaires à haut-risque.
"Il est également possible qu'un certain nombre de salariés dépendant des fonds privés soient contraints de retarder leur départ à la retraite", a estimé Peter Orszag.
Les investissements des fonds de retraites privés ont été beaucoup plus affectés par l'effondrement des valeurs boursières, qui composent la majeure partie de ces fonds.
Les caisses de retraite publiques, tels que celles des collectivités locales et des administrations des Etats, sont investies davantage dans des obligations et bons du Trésor américains.
"La crise financière actuelle a certainement mis en lumière le fait que les participants aux comptes de retraite privés dits "401k" (...) assument tous les risques du marché liés à leurs investissements", a expliqué Jerry Bramlett, PDG de BenefitStreet, Inc. une société indépendante de gestion de plans de retraite, devant cette commission de la Chambre.
Selon une enquête publiée mardi par l'Association américaine des retraités (AARP), ces douze derniers mois 20% des "baby boomers" ont cessé de verser des contributions à leur compte de retraite --auquel participent l'employeur et l'employé sans obligation pour ce dernier de contribuer-- en raison des difficultés qu'ils rencontrent pour boucler leurs fins de mois.