Pourquoi j’ai rejoint la motion « Un monde d’avance »
Je viens du courant « Nouvelle gauche », qui a porté la contribution « Urgence sociale » : on ne peut pas dire que ce soit tout à fait l’aile gauche du parti. Mais, la motion « Un mon-de d’avance » comme la contribution de Pierre Larrouturou, dit l’urgence sociale que génèrent le chômage et la précarité croissants, le manque de règles capables d’encadrer les relations économiques et le jeu financier international, le risque environnemental, l’atteinte portée aux principes fondateurs de la République dont le moindre n’est pas l’égalité, l’hypothèque que fait peser sur le rêve européen le refus de bâtir « l’Europe sociale ». Cette motion doit, à mon sens, être soutenue pour au moins trois raisons supplémentaires :
1-Elle ne craint pas de « faire de la politique », de porter le combat sur le terrain idéologique, en brisant le tabou persistant ces dernières décennies, en vertu duquel la Gauche aurait faite sienne l’idée de la droite selon laquelle le capitalisme et la mondialisation libérale sont un horizon indépassable.
2-Cette motion est très certainement la motion la plus « rassembleuse ».Elle a su créer une dynamique en faveur d’une réorientation de la ligne du parti sur des valeurs proprement de gauche, sur la reconquête d’un électorat populaire, de larges pans des classes moyennes, dont le PS n’aurait jamais dû se couper et dont il doit à nouveau écouter les préoccupations et soulager les souffrances sociales, la crise économique les touchant de plein fouet.
3- Enfin, cette motion montre qu’il faut dépasser la grille de lecture, que souhaiteraient imposer certains, entre une gauche du parti archaïque et une aile droite forcément efficace et pragmatique.
Nous sommes sur la même longueur d’onde que les autres signataires de la motion « Un monde d’avance », dès lors que l’analyse des réalités sociales et économiques impose l’évidence de la crise que vivent nos concitoyens et la nécessité pour la résoudre de définir de vraies propositions et une vraie ligne politique plutôt que de s’empresser de s’égorger autour d’un poste de Premier secrétaire du PS.
Yann Froger
Mandataire de la contribution « Urgence sociale »